Suivre sa voie

Karyne Mongrain

L’ambassadrice

www.karynemongrain.arbonne.ca

 

Avez-vous déjà songé à exercer un métier non traditionnel, un métier que vos parents n’approuveraient pas? Ou encore, vos enfants vous ont-ils déjà confié vouloir exercer une profession qui ne vous a pas forcément plu?  Natacha Dejean, camionneuse, nous partage son histoire ainsi que sa passion pour un métier rarement destiné aux femmes.

Natacha, pour débuter, pourriez-vous nous parler de vous, de votre parcours et surtout, de ce qui vous a menée à choisir le métier de camionneuse ?

Tout d’abord, j’ai toujours aimé voyager et j’ai toujours été fascinée par les camions depuis que je suis enfant. Par contre, je n’aurais jamais pensé que moi, ou  même une femme, j’aurais pu exercer ce métier-là. De 2001 à 2015, j’ai occupé un poste administratif dans un centre de santé et de services sociaux, mais mon statut était précaire.  J’étais en réflexion pour me rediriger vers de nouvelles avenues professionnelles, sans savoir précisément quoi.

Un jour, une amie m’a offert un livre dans lequel il était raconté l’histoire d’une femme qui avait décidé de faire une carrière de camionneuse.

Wow! Et c’est en lisant ce livre que vous est venue l’idée de faire ce virage professionnel? C’est incroyable, non?

Je sais, c’est extraordinaire comment la vie fait bien les choses! Effectivement, cette histoire a été une grande inspiration pour moi. Après avoir lu le livre, j’ai entrepris des actions pour suivre mon cours de camionneuse et, par la suite, j’ai pu me diriger vers cette nouvelle carrière.

 

 

Comment avez-vous fait pour trouver votre premier emploi? Y a-t-il des préjugés face aux femmes dans le milieu?

Effectivement, certains employeurs offrent moins de possibilités aux femmes. Pour ma part, j’ai eu de la chance, car j’avais déjà un ami dans le milieu et il cherchait un coconducteur. Ainsi, j’ai facilement pu décrocher mon premier emploi il y a de ça environ trois ans.

Que voulez-vous dire par coconducteur?

En fait, la plupart des camionneurs travaillent en équipe de deux. Lorsque l’un des deux conducteurs conduit le camion, l’autre est en période de repos dans la cabine.  Ainsi, le camion est toujours en mouvement.

C’est intéressant! Dites-moi, comment vous sentiez-vous à vos débuts? Manœuvrer ce genre de véhicule doit être assez complexe, j’imagine!

Oui, c’est très complexe! (rires) Ça prend un certain temps avant d’être à l’aise. Au début, j’étais incapable de reculer dans certains endroits, mais avec beaucoup de pratique, on développe de l’aisance et de la confiance.

Est-ce que cela vous angoissait?

Parfois, oui! Surtout dans les situations où j’avais un délai à respecter pour faire ma manœuvre! Par exemple, dans certains commerces, nous sommes soumis à un décompte suite auquel une alarme sonne si nous n’avons pas terminé notre transaction. Il m’est déjà arrivé de ne pas être capable et que mon coéquipier doive faire la manœuvre.

 Comment fonctionnent vos horaires de travail? J’imagine que cela doit être assez atypique.  Comment vivez-vous cela?

Effectivement, ce type de travail engendre forcément un horaire atypique. Mes voyages vont jusqu’en Californie et, normalement, cela prend trois jours pour y aller et trois jours pour en revenir. Je travaille en moyenne 18 jours par mois à l’extérieur : je pars 6 jours sur la route puis je reviens.  Je demeure 2 ou 3 jours à la maison et, ensuite, je repars pour mon prochain voyage.

Avez-vous des enfants? Comment pouvez-vous arriver à concilier le travail et la famille avec ces horaires?

J’ai deux enfants âgés de 18 ans, mais ils habitent avec leur père justement en raison de mon horaire de travail irrégulier. Effectivement, ce n’est pas évident d’avoir une vie personnelle et sociale en raison de mes horaires.  C’est pourquoi, en ce moment, j’ai fait le choix de n’avoir personne dans ma vie.

Natacha, j’aimerais maintenant que vous nous partagiez ce que vous préférez de votre métier.

Facile!  Je travaille et je voyage en même temps; c’est vraiment ce que j’adore!  Par exemple, lorsque je vais en Californie, puisque j’ai quelques jours de congé sur place, je loue une voiture et j’en profite pour visiter l’endroit.  Jusqu’à maintenant, j’ai couvert tous les états des États-Unis sauf la Louisiane et l’Alaska. Bien sûr, je n’ai pas toujours la chance de visiter comme je le voudrais, mais je tente de planifier mes activités à l’avance afin de maximiser mes moments libres lors de mes voyages.

Et maintenant, l’envers de la médaille!  Y a-t-il des choses que vous n’appréciez pas ou appréciez moins de votre travail?

L’hiver!  L’état des routes aux États-Unis est souvent lamentable!  Il n’y a pas de sel sur la chaussée enneigée et on circule souvent sur des surfaces très glacées. Par contre, je ne conduis pas avec une mentalité de peur sinon c’est elle qui va me contrôler.  Cela affecterait ma confiance et ma façon de réagir sur la route, ce qui est hors de question!

Dites-moi, Natacha, est-ce que votre entourage a porté des jugements sur votre décision de devenir camionneuse? 

Oui, je l’avoue, mais c’était toujours dans le but de vouloir me protéger. Mes proches étaient surtout inquiets pour ma sécurité en raison des accidents de la route. Des gens ont effectivement essayé de me faire changer d’idée, mais je n’ai jamais douté de mon choix et de mon désir d’être camionneuse. Plus encore, c’était devenu une source de motivation pour moi, car je voulais prouver à tout le monde que j’en étais capable!

Que diriez-vous aux femmes qui éprouvent le désir d’exercer un métier non traditionnel ou qui est davantage réservé aux hommes?

Je leur dirais de faire ce que leur cœur leur dicte.  Sans hésiter, il faut essayer, oser et ne pas entretenir de doutes ni se laisser influencer par les peurs des autres qui, la plupart du temps, reflètent leurs propres incapacités.  J’ajouterais que la vie est beaucoup trop courte pour ne pas vivre ce qu’on a envie de vivre.

Grâce à sa nouvelle carrière de camionneuse, Natacha Dejean a su se créer une indépendance financière lui permettant de se sentir libre et autonome. Malgré les jugements de son entourage, elle a décidé de se faire confiance et d’amorcer ce virage professionnel qui sort définitivement de l’ordinaire, mais qui lui a permis d’être plus heureuse et de vivre une meilleure vie pour elle.

Merci, Natacha Dejean.

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