Mélanie Maynard : défaire les carcans

Par Chantal Reichel

Journaliste

 

Mélanie Maynard, on l’aime pour son authenticité, sa vitalité, sa sagesse, son humour, ses belles valeurs, sa spontanéité et son grand cœur. Actrice, animatrice, auteure et improvisatrice, elle ne choisit que des projets qui l’emballent et son enthousiasme est contagieux.

Des débuts prometteurs

Étant la cadette d’une famille de huit enfants, elle avait, petite, le sens du spectacle, cherchant sans cesse à se mettre en avant. Leader naturelle, elle organisait des sketches, mais sa mère l’encourageait plutôt à embrasser la carrière d’enseignante. « Ma mère doit encore penser aujourd’hui que j’ai raté ma carrière », dit-elle en riant. Or, d’autres ont su voir en elle. « Au secondaire, ma professeure d’art dramatique, Marianne Dreppe, croyait vraiment en moi. Elle m’a trouvé un coach, des scènes à jouer et m’a inscrite aux auditions. Ce n’était pas un milieu dont je pouvais rêver, je n’avais même jamais mis les pieds à Montréal! » Même si l’option théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe passe des centaines de jeunes en audition et n’en prend qu’une trentaine, Mélanie est alors choisie.

Mais après avoir terminé l’école de théâtre, c’est le désert. « Je suis entrée à la LNI par désespoir. Mon agente de l’époque me disait que j’avais un profil atypique et que je ne jouerais pas avant mes 30 ans, n’étant pas une jeune première. J’ai suivi les camps d’entraînement de la LNI et je fus choisie la première au repêchage. J’étais très impressionnée par des joueurs tels que Michel Rivard. »

Durant cette période, son agente ne lui trouvait que des figurations. « On voyait un bout d’épaule, une main. J’apparaissais morceau par morceau. Un jour, durant un tournage, Michel Côté m’a demandé pourquoi on ne me voyait pas plus souvent. Il me trouvait  bonne et drôle. J’ai alors changé d’agente. Du coup, j’ai eu un contrat de co-animatrice et celui de comédienne dans Dans une galaxie près de chez vous. » Les contrats à la radio et à la télévision se sont succédé.  « Après plusieurs sitcoms, on a découvert que j’étais comique et j’ai joué dans trois théâtres d’été. » Devenue maman et animant une quotidienne, Mélanie a laissé moins de place au théâtre. Mais pas à sa popularité! De quoi prouver que la différence est une force, un avantage pour se tracer une voie qui nous ressemble.

La passion de l’écriture

Mélanie aime la part de création, l’improvisation. « J’adore écrire! C’est mon plaisir coupable. Ma partie la plus cachée et intime. » C’est à l’option théâtre qu’elle a rencontré le sympathique réalisateur Jonathan Racine, son ami proche de la plume. « Lorsque Jonathan était enseignant, je l’aidais à écrire ses pièces. Nous sommes complémentaires et avons une belle dynamique ensemble. Lui est plus cinématographique et moi, plus dialogues. Lui tire vers le drame et moi, vers la comédie. » Cela nous donne de bonnes comédies dramatiques ou des comédies qui suscitent des rires jaunes. « J’adore communiquer par écrit, car je peux filtrer. J’adore les mots, c’est viscéral. Peu de moyens d’expression peuvent autant toucher la part d’intime. C’est le summum de proximité lorsque quelqu’un écrit. Quand le milieu ne voudra plus de ma face, je vais écrire. »

Suivre sa mission de vie

Qu’est-ce qui la motive? « J’ai toujours été spirituelle et je pense que j’ai, en quelque sorte, une mission. Déjà, à l’école de théâtre, je suivais le chemin qui s’ouvrait malgré moi. On a tous des moments où c’est plus difficile!  On était 35 étudiants et on savait qu’il n’en resterait que 7 ou 8 à la fin. Moi, je suis restée peut-être parce que je motivais les autres. Je savais que c’était le métier que je devais faire. »

Mélanie a toujours suivi son cœur, sa voie, son instinct. Et le public l’aime. Inconditionnellement. Qu’est-ce qui explique autant de popularité? L’authenticité, notamment. « Je ne suis pas jet set et j’ai une connexion avec le public. Je fais partie d’eux. Je me sens comme la porte-voix de ceux qui ne se reconnaissent pas dans la « glamorisation ».  Naturelle, vraie et spontanée, Mélanie se montre telle qu’elle est, sans cachotterie. Elle n’hésite pas à présenter des pièces de sa maison pour demander l’avis de ses amis Facebook. De plus, on découvre des pans de sa vie depuis qu’elle travaille avec sa fille, Rosalie, qui est chroniqueuse à son émission de radio.

Mélanie n’accepte pas n’importe quel projet. « Je dois avoir le CV le plus volumineux du milieu, car si ça ne marche pas, je passe à autre chose. Je suis arrivée dans ce milieu sans avoir confiance en moi. J’ai pris contrat par contrat, un à la fois, et ma confiance en moi a grandi. Aujourd’hui, j’ai autant de plaisir à faire du corpo qu’à participer à un show avec un million de téléspectateurs. Je veux défaire les carcans. J’ai besoin d’avancer, d’être nourrie. Je veux rester authentique. »

Toujours à l’écoute de son cœur, de son instinct, de cette mission que cette carrière lui permet d’accomplir, Mélanie nage entre l’animatrice, la comédienne et l’auteure. Le projet dont elle rêve? « C’est tout ce que je fais en ce moment. Je suis pas mal bonne pour trouver de beaux projets qui me permettent de me réaliser. J’ai le privilège de pouvoir refuser ce qui ne me convient pas. Plus je vieillis, mieux je suis dans ma peau. Je laisse parler le cœur. »

Entre autres, Mélanie est ambassadrice pour un projet qui lui tient vraiment à cœur. « C’est le programme SEVE pour Savoir Être Vivre Ensemble de Frédéric Lenoir qui en est le co-fondateur. C’est de plus en plus connu. Il s’agit notamment d’une formation que j’ai suivie, mais qui est aussi offerte aux professeurs, aux grands-mères, aux médecins ou à toute autre personne pour initier les enfants à la philosophie. On veut apprendre aux enfants à réfléchir par eux-mêmes sans être influencés par des préjugés. » Une grande marche pour lever des fonds aura lieu le 2 juin à Ville Sainte-Catherine. Mélanie sera l’une des participantes.

Ici, maintenant

Comment peut-on réussir sa vie de femme, d’amoureuse, de mère, d’animatrice, de comédienne, d’improvisatrice et d’auteure? « J’essaie de garder une leçon de chaque personne que je rencontre. Je suis de plus en plus ici, maintenant. Je ne suis pas anxieuse ni angoissée. C’est peut-être pour ça, comme vous avez pu le constater, que j’ai de la misère à fixer un rendez-vous avec une journaliste. » (rires partagés)

« J’ai vraiment l’impression que tout peut arrêter demain. J’en profite le plus possible. Alors que les autres sont heureux quand la semaine de travail se termine, moi, je suis un peu triste le vendredi. J’égraine la vie comme un chapelet, mais pas un chapelet de misère. » Plutôt un chapelet de bonheur, de belles réalisations, de projets réussis, de collaborations amicales et inspirantes, de générosité et d’idées créatives en ébullition.

Et c’est parce qu’elle aime tant sa carrière, qu’elle exerce avec authenticité et conviction, qu’elle nous inspire tant, à notre tour, à être en accord avec notre véritable essence même si celle-ci détonne des autres.

Merci, Mélanie Maynard.

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