Au travail : être différent pour une valeur ajoutée

Patrick Dufault

Le coach en milieu de travail

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En consultation, je croise des personnes pour qui le travail est purement alimentaire.  En ce sens, j’entends souvent des gestionnaires se plaindre que leurs employés ne rentrent au bureau que pour leur paie.  Heureusement, je salue d’autres personnes qui, malgré les imperfections, demeurent passionnées, ont du plaisir à travailler et se sentent toujours utiles.

Je vous pose alors les questions suivantes :  À qui appartient la responsabilité de revitaliser le monde du travail? Pourquoi certaines personnes y perdent-elles leur énergie alors que d’autres s’y régénèrent? Malheureusement, il n’y a pas de réponse simple et unique, mais il y a certainement des pistes de solution.

Le monde du travail, influencé par la troisième révolution industrielle, mise sur la rapidité et la standardisation. Le travailleur est embauché pour obéir et non pour agir selon sa créativité et son originalité. Il doit donc s’exprimer et être stimulé hors du travail. Il n’est pas rare de voir de ces personnes se dépasser dans des activités intenses. L’énergie disponible est alors réservée pour les loisirs et peu pour le travail.

La révolution technologique qui s’opère depuis quelques années et la nouvelle économie de l’innovation apportent une autre vision du travail. Maintenant, on cherche des gens pour leur talent, leur créativité et leur différence.  Est-ce mieux?  Assurément, non. Le travail traditionnel a ses zones d’ombre tout comme la nouvelle économie. Entre autres, le stress est souvent au cœur du mal-être lié au travail.

Je pense donc je suis

Tout le monde est différent et c’est là que se trouve la valeur ajoutée dans la transformation du monde du travail. Hors de tout doute, nous avons tous nos qualités et nos défauts. Nous sommes tous compétents à exécuter certaines tâches, mais malhabiles pour d’autres.  Certaines personnes se sentent bien dans un environnement prévisible et défini, alors que d’autres se sentent mieux dans des environnements mobiles et alternatifs.

Nos besoins et nos désirs forgent également notre différence au travail. Par exemple, je constate souvent des conflits à propos des heures de travail.  Certains se plaignent que d’autres finissent tôt ou en font trop.  La plupart du temps, la situation permet un équilibre systémique : la personne qui souhaite plus de revenus choisira de faire des heures supplémentaires, tandis que celle qui maintient des intérêts personnels à l’extérieur du bureau n’hésitera pas à quitter son lieu de travail à des heures plus régulières.

Simple, n’est-ce pas? Bon, je vous entends me répondre par la négative puisque vous êtes convaincu que cette situation peut créer des conflits. Ici, je vous répondrai que le conflit survient lorsque nous allons à l’encontre de nos besoins et de nos désirs.  Pour l’éviter, il est important  de mieux se connaître et de se respecter. Si le désir de plaire et de faire plus d’argent est plus important que l’équilibre entre le travail et la vie personnelle, il faut alors faire les choix en conséquence.

Culture au travail : transition disruptive

Au travail comme dans la vie personnelle, chacun pense de manière particulière, mais personne ne pense de manière pure.  C’est-à-dire que nos pensées, qu’on le veuille ou non, sont influencées par nos expériences et celles des autres : nos parents, nos amis, nos collègues ou des célébrités.

La culture est ce qui influence nos pensées et nous rend communs, donc comme les autres. Cela peut être très utile, voire efficace, dans un contexte de travail d’équipe et peut même être nécessaire pour satisfaire notre besoin d’appartenance à un groupe. Mais parfois, la culture peut stériliser le plein potentiel dans le statu quo. C’est pourquoi être disruptif peut s’avérer être une option pour casser des habitudes et faire éclater les perceptions bien ancrées.

La culture est intimement liée au genre de groupes d’appartenance que nous fréquentons. « Qui se ressemble s’assemble», dit l’adage!  À quel groupe appartenez-vous au travail? Est-ce plus naturel pour vous de vous associer aux employés, aux superstars, aux patrons ou aux oubliés? Vous sentez-vous à votre place où aimeriez-vous faire partie d’un autre groupe?

Le groupe de référence que nous fréquentons vient parfois brouiller les cartes du bien-être au travail.  En effet, pour évoluer, il faut prendre conscience de la qualité de notre entourage. Par exemple, si vous êtes un nouveau gestionnaire et que vous vous référez toujours aux valeurs et aux rituels du temps que vous étiez employé, vous développerez de bonnes relations, mais vous ne parviendrez pas à acquérir de nouvelles habiletés et cela pourrait vous nuire.  Si, à l’heure du lunch, vous conversez avec des personnes négatives qui contestent toujours les décisions du patron, il se pourrait que vous finissiez par agir de la même manière.

Être stratégique

Faire plus à moindres coûts était nécessaire pour survivre puis prospérer dans l’économie de production; la culture devait standardiser les actions et réduire les élans de personnalité. Actuellement, dans l’économie de l’innovation, c’est la créativité et la nouveauté qui sont les moteurs de survie et de prospérité. Les dirigeants doivent alors favoriser des rituels permettant l’émergence de la personnalité et la reconnaissance de la particularité complémentaire.

En japonais, le mot ikigai signifie le « sentiment de joie de vivre ». Par exemple, vivre en harmonie avec sa véritable essence, assumer ses couleurs ou « être sur son X » permet de ressentir une énergie positive, cette raison qui nous pousse à nous lever chaque matin.  Un leader, c’est quelqu’un qui chemine vers son ikigai et qui encourage aussi ses collaborateurs à le faire.

C’est irréfutable; lorsqu’on trouve sa voie, on est bon, on est crédible et on carbure aux projets.  On souhaite aussi que les autres ressentent ce même sentiment.  Ensemble, on veut mettre en lumière les différences de chacun afin de se diriger tout droit vers la réussite.

On veut vivre notre ikigai.

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