Véronique Bannon : l’authenticité derrière l’image

Karyne Mongrain

L’ambassadrice

www.karynemongrain.arbonne.ca

 

Il y a un peu plus de deux ans, Les Inspiratrices a reçu Véronique Bannon, comédienne, en entrevue à Radio Mieux-Être. C’est une femme sensible, passionnée et authentique que nous avons alors eu le privilège de découvrir. Aujourd’hui, elle accepte de nous ouvrir son cœur, une fois de plus, en nous partageant en toute humilité son parcours de vie qui ne laissera personne indifférent.

Bonjour, Véronique.  C’est un plaisir que de pouvoir vous jaser à nouveau. Tout d’abord, dites-moi, comment allez-vous et comment les choses, professionnellement parlant, se passent-elles pour vous?

Je vais bien! Parfois, la vie nous apporte de beaux cadeaux et, récemment, j’ai justement commencé à travailler sur de nouveaux projets en humour. Je suis vraiment très heureuse, car durant toute ma carrière, on a souvent fait appel à moi pour des rôles plus dramatiques, mais je caressais le rêve de travailler mon côté plus humoristique. J’adore rire et j’ai toujours un grand besoin de rire!

Sur le plan de mon entreprise, nous sommes en train de discuter pour lancer une deuxième collection de lunettes de soleil.  Ça aussi, c’est vraiment stimulant!  Et du côté de la télévision, il y a aussi un nouveau projet qui s’en vient, mais je ne peux en dire plus pour l’instant puisque c’est ultra-secret. (rires)

Je suis vraiment heureuse de pouvoir explorer de nouveaux horizons!  Ça me permet de vivre autre chose et de m’accomplir davantage.

Donc, vous allez bien?

Bien sûr, il y a eu des hauts et des bas au cours des derniers mois. L’été dernier, j’ai participé au tournage de l’émission Les dieux de la danse et ça m’a fait beaucoup de bien. Je dansais lorsque j’étais plus jeune et j’ai eu beaucoup de plaisir à m’investir dans cette aventure. En même temps, je vivais des choses plus difficiles sur le plan personnel.

Beaucoup de gens savent que, depuis de nombreuses années, je vis des périodes de dépression.  Malgré mes suivis auprès de professionnels de la santé, ce n’est seulement que récemment que j’ai reçu mon diagnostic de trouble de la personnalité limite.

 

Comment vous êtes-vous sentie en recevant ce diagnostic?

Ce diagnostic a été un choc, mais m’a énormément aidée puisque je pouvais maintenant mettre un nom sur la cause de mes dépressions et de ma tentative de suicide. En connaissant ma maladie, je pouvais mieux comprendre ce que je vivais et, surtout, mieux cerner mes façons de réagir face à différentes situations. Également, j’ai pu me familiariser avec la maladie et les traitements qui s’offraient à moi ce qui, en fait, a représenté un grand soulagement. Mes médecins ont ajusté ma médication en conséquence afin que je puisse être bien et poursuivre mes projets professionnels.

Ce diagnostic vous a apporté une certaine libération…

Oui, car cela m’a permis de comprendre énormément de choses, même des comportements que j’ai pu avoir lorsque j’étais plus jeune.

Véronique, comme vous le dites, la maladie vous a suivie la majeure partie de votre vie; pouvez-vous nous en parler un peu plus?

Ce fut un long processus… Dès l’enfance et l’adolescence, j’étais de nature très anxieuse et je ne comprenais pas pourquoi j’étais comme ça. Lorsque je suis devenue mère, j’ai été prise de panique, car je ne voulais pas que mon fils soit comme moi. J’ai alors subi une grave dépression qui m’a fait perdre tous mes repères. Je n’avais aucune confiance en moi en tant que mère et je ne me croyais pas capable de l’élever. Il avait deux ans lorsque j’ai fait ma tentative de suicide. Je me rappelle encore l’instant où je l’ai vu en même temps que les ambulanciers… J’ai eu un choc énorme! C’est à ce moment que j’ai compris que deux choix s’offraient à moi : mourir ou me prendre en main en allant chercher les ressources nécessaires.

Comment les gens ont-ils réagi autour de vous suite après votre tentative de suicide?

Comme c’est souvent le cas dans les tentatives de suicide, les gens de mon entourage ont été très surpris. Je me rappelle encore avoir vu une de mes amies la veille où elle me disait à quel point j’étais radieuse.

Ouf… Ne trouvez-vous pas cela déplorable que des personnes comme vous puissent finir par être prisonnières de leur mal-être?

Absolument! Toute ma vie, on m’a répété que tous les gens ont leurs problèmes et qu’il ne fallait pas les déranger avec les miens. C’est pourquoi, pendant des années, j’ai tout gardé à l’intérieur de moi, en portant un masque en quelque sorte, jusqu’au jour où j’ai flanché. Mon conjoint constatait que je n’étais pas au sommet de ma forme, mais, moi-même, je n’arrivais pas à exprimer clairement ce que je vivais!

Que s’est-il passé par la suite?

Par la suite, j’ai commencé une thérapie et une médication, mais ce fut un long processus d’essais et d’erreurs. J’ai eu plusieurs rechutes et, chaque fois que je ressentais un abandon ou un rejet, mes réactions étaient très intenses et extrêmes, mais je ne comprenais pas pourquoi. Je suis allée jusqu’à me mutiler pour tenter de sortir le mal de moi! Ce fut une période tellement douloureuse… Je me sentais complètement démunie, perdue, dans le néant le plus profond. J’éprouvais une telle honte que je ne pouvais pas en parler à personne. Puis, lors de ma consultation annuelle avec mon psychiatre, il a finalement confirmé le diagnostic du trouble de la personnalité limite.

Quel impact cela a-t-il eu sur votre vie?

Ça m’a donné les ressources dont j’avais besoin pour mieux vivre avec ma maladie. Mon entourage pouvait également mieux comprendre ce que je vivais et il était ainsi mieux disposé à me soutenir et à m’accompagner.

Comment vivez-vous avec cette situation aujourd’hui?

C’est vraiment un travail de tous les jours… Je comprends ma maladie, mes émotions et pourquoi je les vis avec autant d’intensité.

À quels outils avez-vous eu recours pour tenter de vous aider à composer avec tout cela? 

D’abord, j’ai fait de la méditation. Ça m’aide à pratiquer le pouvoir du moment présent même si, parfois, il m’est facile de partir dans mes pensées. Je travaille sur la gestion de celles-ci. Également, je fais énormément de course à pied et cela me fait le plus grand bien puisque cela m’apporte un grand sentiment de liberté.

Il a également été crucial pour moi d’apprendre à mieux m’entourer et, surtout, à accepter que des gens puissent m’aimer comme je suis.  J’ai aussi appris à lâcher prise par rapport à des personnes qui sont sorties de ma vie ou qui étaient incapables de m’aimer.

Finalement, j’ai dû apprendre à reconnaître tout ce que je fais de bien dans la vie. Ainsi, chaque jour, je dois faire des efforts sur ce plan pour progresser dans mon cheminement.

Vous êtes belle et entretenez un véritable intérêt pour la mode, mais vous parlez avec tellement de profondeur, de sincérité et d’authenticité!  Cela me touche beaucoup…  Maintenant, comment voyez-vous l’avenir?

Je me sens vraiment sereine et enthousiaste quant à mon avenir. Je sais que je devrai toujours composer avec la maladie, et qu’il y aura encore des hauts et des bas, mais je suis outillée et je sais comment utiliser les ressources qui sont à ma disposition.

Je suis bien entourée et les personnes qui m’aiment m’acceptent telle que je suis. Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus libre et forte.  Je suis fière de mon parcours et de la femme que je suis devenue! Je concentre dorénavant mes énergies sur le meilleur que chaque journée a à m’offrir et sur tous les moments de bonheur, petits et grands, que la vie m’apporte. Je sais que le meilleur est toujours à venir… (sourire)

Malgré sa grande beauté, Véronique Bannon demeure fidèle à ses valeurs et est, d’abord et avant tout, un véritable exemple d’authenticité, de sagesse et, surtout, de résilience.  Elle est belle à l’intérieur comme à l’extérieur.  C’est pour cela qu’on l’aime tant…

Merci, Véronique Bannon.

www.veroniquebannon.com

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