Le succès, c’est aussi de prendre un moment pour soi

Émilie Chevrefils

Yogini

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L’époque est à la production et à la réalisation toute en vitesse. C’est comme ça.  On a beau le nier, mais la tendance pousse quand même vers l’image parfaite de la réussite. L’ère est aux superhéros! Prenez l’exemple des réseaux sociaux… Est-ce qu’on a envie d’y afficher une photo de nous dans nos pires moments, les yeux bien rouges et bouffis, après avoir pleuré un bon coup? Pas nécessairement… Et avec raison, car certains instants nous appartiennent juste à nous. Pourquoi cherche-t-on alors à étaler nos bons coups? Par fierté? Parce qu’on a travaillé fort pour y arriver? Pour remercier ceux qui nous soutiennent?

On dit que les pensées créent. Alors, aussi bien se concentrer sur ce qui a bon goût, ce qui soulage, ce qui apaise et adoucit le cœur. Le positif, quoi! C’est une philosophie que j’essaie de cultiver juste pas au point de déformer la réalité, comme si je portais des lunettes roses. Juste pas comme si tout était toujours lumineux comme un éternel coucher de soleil. Après tout, ce sont les orages qui nous permettent d’apprécier le soleil, d’en ressentir son aspect ardent. Et la pluie a aussi sa part dans la création de l’arc-en-ciel. Ne pensez-vous pas?

Le succès et la réussite de…  Ce qu’on peut ajouter ici est sans fin : la carrière, la vie de famille, la vie de couple, la conciliation travail-famille, la perte de poids, l’entraînement… J’en oublie? Des mots parfois lourds de conséquences lorsqu’on a l’impression d’étouffer à trop vouloir contrôler précisément chaque détail. On s’y perd, on s’essouffle.

À mon sens, le yoga et la méditation sont des outils qui peuvent non seulement adoucir le regard par rapport à la pression qu’on s’inflige, mais également aider à atteindre ses objectifs. Et peut-être, ainsi, éviter que le succès et l’argent ne deviennent deux sources inévitables et impitoyables de stress. Comme dans tout, il y a deux côtés à une médaille : le yin et le yang, l’ombre et la lumière.

Le fondement même du yoga est d’unir le corps, le cœur et la tête, de permettre un échange et une communion entre les trois éléments. C’est un espace que l’on se crée pour porter l’attention sur le battement du cœur et sur la respiration. Il s’agit d’un retour à sa source. Le tapis de yoga, que j’aime comparer à un radeau, est le seul endroit où la notion de performance n’est pas requise, car ce n’est pas de réussir une posture qui intensifie le bien-être et le contact avec soi. Ça peut l’être, mais ce n’est pas le seul défi. Cette exploration part de soi et ramène à soi. On se retrouve seul sur notre embarcation.

En sanskrit, langue indo-européenne autrefois parlée dans le sous-continent indien, le bhava signifie l’état d’être et ce bhava devrait être notre principale raison de commencer une pratique de yoga, le seul prétexte pour exercer cet exercice physique. Selon le bhava que l’on cherche à atteindre et à ressentir, on détermine la pratique appropriée pour nos besoins immédiats. Voilà sur quoi se basent les fondements mêmes du Prana Flow, une approche de yoga transmise par Shiva Rea.

Concrètement, ça veut dire quoi, tout ça… En fait, il y a tellement de différentes formes de yoga que, parfois, ce qui semble nous convenir peut être à l’opposé de ce qui nous ressemble. En ce sens, une personne active pourrait être portée vers un yoga très énergique qui lui permettra de se dépenser physiquement. Par contre, un yoga restaurateur ou méditatif apporterait de la douceur et de la détente dans son quotidien étourdissant. Me suivez-vous?

Quelques exemples

Sans aller dans un style de yoga ou un autre en particulier, si le quotidien est un tourbillon sans fin entre les nouveaux dossiers au boulot et la routine des enfants, on voudra peut-être incarner plus de patience puis apprécier la lenteur et la douceur.  L’état d’être pour aider à revenir au calme toucherait alors l’enracinement, la stabilité, l’ancrage. Les postures, appelées asanas en sanskrit, seront donc à privilégier par des ouvertures de hanches libérant, par la même occasion, la pression sur le nerf sciatique et la tension au bas du dos.

Baddha Konasana

Assis, les pieds joints par la plante, talons vers le pubis, hanches vers l’avant et cœur vers l’avant, maintenir la posture pendant une quinzaine de respirations. Ne jamais appuyer sur les genoux pour les faire descendre. Si vous cherchez à vous étirer encore plus, presser plutôt sur les cuisses.

Supta Baddha Konasana

Il s’agit de la même posture, mais avec le dos au sol.  Il s’agit d’une excellente posture pour aider à la récupération. Maintenir de 2 à 5 minutes.

Si, au contraire, on traverse une période  où l’envie n’y est pas, où faire face à ses responsabilités est un défi insurmontable et où le courage et la détermination, tout autant que la volonté, semblent fuyants et inatteignables, certains asanas iront travailler au niveau de la ceinture abdominale pour une stimulation et une activation du système digestif.

Bakasana

En position accroupie, pieds à plat au sol, coudes contre l’intérieur des genoux, déposer les mains au sol à la largeur des épaules et basculer le poids vers l’avant en déposant les genoux sur les triceps. Soulever les pieds du sol. Le corps est soutenu par la paume des mains.  Pour maintenir l’équilibre, on fixe un point devant.

Les femmes enceintes devront s’abstenir de pratiquer des torsions et de solliciter les abdominaux puisque le travail de création implique justement de laisser fleurir le ventre.

Ce ne sont là que quelques possibilités accessibles à tous selon la nature des vertus à acquérir.  Cette tradition vieille de plusieurs millénaires, qu’est le yoga, a tellement à offrir!  Lorsque j’entends les gens me dire que le yoga n’est pas fait pour eux, j’ai toujours envie d’intervenir. Comment une méthode qui aide à respirer et à se mettre en contact avec soi-même, surtout dans un monde où tout va si vite, peut-elle ne pas être un gage de succès?

Je n’ai rien contre le succès.  Au contraire! Ses couches et ses facettes sont foisonnantes. Par contre, je me questionne… Outre de dépasser ses limites, est-ce que le succès n’est pas aussi de toucher au doute, à l’insécurité? Est-ce que, concrètement, cela n’implique pas de se tromper et même de tomber? Pour sortir du cadre et fouler les horizons inédits, ne doit-on pas d’abord apprendre à accepter de faire des erreurs en toute humilité?

À vous de trouver vos propres réponses…

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