Soutenir nos enfants devant l’échec pour relancer la motivation!

Nancy Doyon

Coach familiale, auteure et conférencière

www.sosnancy.com

 

Récemment, alors que je discutais de leadership parental avec un ami, il m’a raconté une anecdote très inspirante. Lors d’un concours organisé dans son école sous le thème de l’écologie, son fils, âgé de 9 ans, avait présenté un projet de jardin collectif. Malheureusement, le projet a été refusé au profit de celui d’une camarade de classe. Évidemment, l’enfant est revenu de l’école fort déçu et son père, bienveillant, l’a accueilli et réconforté en lui disant : « Ouille! Tu es déçu, n’est-ce pas? Je comprends. » Mon ami, qui a essuyé de nombreux revers dans sa vie avant de développer une entreprise prospère, a bien vu qu’il tenait là une magnifique occasion d’enseigner à son enfant comment on réussit dans la vie.

Aucun parent n’aime voir son enfant triste d’avoir essuyé un échec, mais, plutôt que de chercher à exprimer des phrases vides de sens, ce père a plutôt aidé son fils à tirer le positif de l’expérience : «  Wahou! Ça t’en a pris du courage pour aller présenter ton projet devant tout le monde! Tu dois être fier de toi, non? Je suis vraiment impressionné par ton audace et cette idée que je trouve fantastique! » Ensuite, il l’a encouragé à mieux se préparer pour la prochaine fois : « L’an prochain, si tu veux, je pourrai t’aider à présenter à nouveau ton projet et, ensemble, nous pourrions faire une vidéo pour montrer les impacts d’un jardin collectif.  Qu’en penses-tu? »

Nous espérons tous que nos enfants vivent du succès dans leur vie d’enfant, mais aussi dans leur future carrière, leurs amours et les divers défis qu’ils choisiront de relever. Le succès a bon goût, car il nourrit notre estime personnelle et nous apporte la satisfaction et le sentiment d’accomplissement. Mais, pour réussir, il faut être motivé à se mettre en action avec rigueur et persévérance jusqu’à l’atteinte des objectifs qui nous tiennent à cœur et il faut être prêt à y mettre les efforts nécessaires.  Surtout, il faut accepter de prendre le risque de ne pas y arriver, d’essuyer un échec et de devoir se relever.

Comme parent ou comme adulte en autorité, comment peut-on alimenter la motivation des enfants qui nous entourent? Comment peut-on leur insuffler le sens de l’effort et le goût de la réussite? Et surtout, comment les accompagner lorsqu’ils essuient un revers?

La clé, fabuleusement mise en œuvre par mon ami, est de faire confiance à l’enfant, de le laisser expérimenter et de tenter des choses même si c’est risqué. S’il fait face à l’échec,  l’important est d’accueillir son émotion avec empathie et respect, sans minimiser ce qu’il dit, puis l’aider à en tirer le positif et, finalement, à faire un pont vers l’avenir et ce qui pourrait être fait la prochaine fois.

En ce sens, il existe des tonnes de stratégies afin d’aider nos cocos à développer des ressources qui leur permettront de goûter le plus souvent possible à la réussite. En voici quelques-unes :

Nourrir l’estime de soi

La reconnaissance et la valorisation des bons coups de l’enfant sont, évidemment, d’excellentes façons de nourrir son estime personnelle, mais également toutes les marques de confiance de l’adulte.  Une phrase comme « Tiens, je te prête ma tablette, car je sais que tu y feras attention. » en est un exemple.  On améliorera aussi la perception qu’il aura de lui-même en discutant régulièrement avec lui, en écoutant réellement son point de vue et en s’intéressant à ce qu’il fait. Finalement, lui donner régulièrement des défis à sa mesure, ni trop faciles ni trop durs, et le soutenir lui permettront de cumuler des expériences de réussite.

Cultiver le sens de l’effort

La meilleure façon d’inculquer le sens de l’effort à un enfant ou à un adolescent est simplement de cesser de tout faire à sa place ou de tout lui donner sans effort.  Arrêtez de le gaver sans arrêt de « petites surprises » et de courir lui acheter les vêtements et les gadgets à la mode. Exigez que l’enfant contribue, à la hauteur de ses capacités, à obtenir ce qu’il veut. Cela peut commencer très tôt, dans le quotidien, en lui disant : « Tu veux une glace? Oui, mon chéri.  Mais avant, j’aimerais que tu ranges ton jeu, stp. », « Tu aimerais qu’on aille faire un tour de vélo? Excellente idée! Mais j’aurais besoin que tu m’aides à plier les vêtements pour que je puisse me dégager du temps. », «  Tu as besoin que je te prête la voiture ce soir pour aller faire un tour avec les copains? Pas de problème !  Mais j’aimerais que tu tondes le gazon en retour.  D’accord? »

Lui apprendre à réfléchir

La réussite, quelle qu’elle soit, commande une certaine dose d’initiative et de capacité de réflexion. Pour aider l’enfant à développer cet aspect, cessez simplement d’être toujours derrière lui pour lui dire quoi faire, comment le faire et quand le faire.  Ainsi, plutôt que de dire : « Justin, viens t’asseoir à la table, c’est l’heure de faire tes devoirs. », il serait justifié de dire : « Quand comptes-tu faire tes travaux scolaires? » ou « Mon beau Justin, je vois que tu as allumé la télé.  Qu’est-ce qui cloche à ton avis? »

Lui donner le droit à l’erreur

Les adultes ont la fâcheuse habitude de tenter de contrôler les enfants et les adolescents, ou de dédramatiser leurs erreurs, de sorte qu’ils se conduisent toujours bien, qu’ils évitent la catastrophe lorsqu’ils empruntent le mauvais chemin ou qu’ils ne recommencent plus un acte.  Ils répètent sans cesse des phrases comme «  Ne joue pas comme ça, tu vas briser ton camion! », « Non! J’ai dit non! Si tu continues, je vais te le confisquer! » et « Bon! Et voilà! Tu l’as cassé! Bravo! Tu peux être fier de toi! Je ne t’en achèterai plus jamais puisque tu casses toujours tout! Tu ne fais jamais attention à rien! »

Malheureusement, le jugement ne s’achète pas et l’enfant l’acquiert invariablement par l’expérience. C’est en faisant parfois des bêtises et en les assumant totalement qu’il apprendra progressivement à réfléchir avant d’agir et à prévoir les conséquences probables de ses actions. À trop chercher à contrôler les enfants, ils développent une « surdité sélective », ils apprennent à ne plus se faire confiance ou ils finissent par faire tout ce qui leur passe par la tête sans réfléchir en attendant que les adultes viennent les contrôler. Dans un cas comme dans l’autre, on nuit à la responsabilisation qui est aussi nécessaire à la réussite.

Il existe nombre d’autres façons de nourrir la réussite chez nos enfants, mais rappelons-nous que ce dont ils ont surtout besoin, c’est de notre indulgence, de notre appui inconditionnel, de notre confiance et de notre amour au quotidien. Il faut laisser l’enfant se fixer ses propres objectifs et l’encourager à se dépasser dans les sphères qui le passionnent, car la réussite n’est jamais vraiment satisfaisante si elle ne sert qu’à plaire aux autres.

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