Judi Richards : belle à l’intérieur comme à l’extérieur

C’est dans un petit café occupé, sous un soleil radieux, le cœur en fête, que j’ai eu l’immense privilège de passer un moment inoubliable avec une femme d’une générosité légendaire qui a su répondre à mes questions avec un désir sincère de partage, une énergie positive et la beauté du cœur. 

Qu’est-ce que la beauté pour vous, Judi Richards?

Nous sommes tous porteurs de méchanceté, d’intolérance et de haine. Nous avons tous des préjugés.  Toutefois, tout le monde a aussi une belle et grande partie à l’intérieur qu’il peut faire briller, et ça, c’est la meilleure partie de nous-mêmes. Pour l’atteindre, il faut nous élever à ce qu’il y a de plus beau en nous.

Plus il y aura de gens qui vont tenter d’atteindre cette belle partie, plus nous serons aptes à voir la beauté en chaque chose, en chaque personne. C’est ça qui est le plus beau : nous mettre dans un mode de regard positif.

Selon moi, être généreux, c’est nous placer dans cette zone de beauté qui existe en chacun de nous. C’est nous mettre en état de calme. Quand je vois quelqu’un qui affiche une certaine sagesse, qui est capable de se « pauser », de prendre un temps d’arrêt et d’observer, je trouve ça tellement beau!

Mais attention!  Dans les moments de stress, nous ne sommes pas dans la beauté. La beauté nous attire lorsque l’ouverture à l’autre et l’accueil sont généreux. C’est cet état de générosité et de calme qui fait que le monde est magnifique.

Ancienne danseuse de ballet classique, j’adore utiliser mes mains pour peindre les paroles devant moi. L’une des raisons qui m’incitent à, parfois, chanter et signer en LSQ (langage des signes du Québec), c’est justement pour être dans cet état de générosité.   C’est tellement beau parce que ça permet à tout le monde « d’entendre » la chanson! Bientôt, je vais avoir l’occasion de chanter et de signer une chanson que j’ai écrite avec Marc Chabot et Christian Frappier et que j’aime beaucoup.  Elle s’appelle Citoyen du monde. Ça me rend très heureuse.

Sincèrement, c’est le public qui permet aux artistes de montrer le meilleur d’eux-mêmes. Parfois, il va aimer leur cause ou encore une chanson qui les touche plus particulièrement.  Il aime ce qu’il voit d’eux. Voulant être aimés, les artistes sont encouragés à agir avec cette ouverture, cette générosité. D’ailleurs, Yvon et moi recevons énormément du public et, grâce à eux, nous sommes de meilleures personnes.

Vous dites que la beauté est aussi dans le geste. En ce sens, vous nous avez offert un autre bel exemple de cette générosité le 16 mai dernier. Pouvez-vous nous en parler davantage?

L’Association sportive et communautaire du Centre-Sud est un endroit assez exceptionnel! Cet organisme a débuté dans un sous-sol d’église il y a près de 43 ans. Dès l’ouverture, son objectif était d’être présent pour les jeunes du secteur et d’offrir des activités pour les occuper et les garder hors de la rue et du danger.

Aujourd’hui, l’établissement occupe 90 000 pieds carrés!  Il abrite une immense piscine, une pataugeuse, une bibliothèque, des gymnases, une salle d’ordinateurs et offre des cours dans diverses disciplines. Annuellement, le centre reçoit 400 000 visites qui sont orientées vers 180 activités ou services! Deux fois par jour, des centaines d’élèves arrivent pour l’aide aux devoirs et, chaque été, 600 jeunes, incluant ceux avec des capacités réduites, profitent de leur camp de jour.  Le centre ne refuse personne!

D’ailleurs, M. Daniel Savoie, le porte-parole de l’organisme, est un « ancien jeune » du centre et il sait de quoi il parle quand il dit à quel point cet endroit « fait une différence » dans le quotidien et le soutien des jeunes du coin.

L’accès à l’éducation égale pour tous nous tient vraiment à cœur.   C’est pourquoi, Yvon et moi avons agi à titre de présidents d’honneur du souper-spectacle Yvon et ses amis! qui a eu lieu  le 16 mai dernier.  Nous étions tellement excités! Cette activité entre dans le cadre de la première campagne de financement de la Fondation Yvon Deschamps Centre-Sud.  Et imaginez, il faut trouver 10 millions $ d’ici 5 ans!

Les causes humanitaires occupent une grande place dans votre vie. Elles ont été nombreuses, le sont encore et, comme vous le dites vous-même, continueront à l’être. Qu’est-ce qui, continuellement, vous incite à vous investir de cette façon?

Toute notre vie, nous avons été choyés et les causes sont naturellement venues jusqu’à nous. C’est en sortant le meilleur chez l’autre que rayonne le meilleur de nous-mêmes. Buffy Sainte-Marie a écrit la chanson Up Where We Belong. Cette chanson demande à l’amour de nous soulever, de nous élever sur le plan de notre beauté intérieure. Et ça, ça me donne le goût de continuellement m’investir.

Je suis toi, je suis le gars d’à côté et je suis l’enfant dans la rue.  Il n’y a rien de meilleur en moi qui ne l’est pas aussi chez l’autre. Nous avons tous un beau potentiel d’inspiration et, Yvon et moi, nous tentons le plus possible de demeurer dans cette belle zone de générosité. Nous nous concentrons sur la meilleure partie de chacun, sur cette zone d’entraide, de vérité, de dialogue, d’ouverture et de tolérance.

Yvon et vous formez un si bel exemple de complicité! Nous ne pouvons parler de la beauté sans parler de ce lien qui existe entre vous. Puis-je être indiscrète et demander les circonstances de votre rencontre?

Ça fait déjà 50 ans qu’on est ensemble! Nous nous sommes rencontrés en mars 1967.  Même si j’étais encore bien jeune, je travaillais beaucoup. À 14 ans, j’étais danseuse professionnelle et, à 19 ans, j’avais déjà fait le tour du pays trois fois!

À l’époque, je participais à une grande convention sur plusieurs jours et, comme elle avait lieu au Québec, le tout se déroulait en français. Mon patron de l’époque m’avait demandé d’arriver un peu plus tôt que prévu à Montréal pour présenter une chorégraphie et commencer à former une nouvelle distribution et Yvon était là. C’était un bel avantage que d’être la seule à « baragouiner » le français dans mon groupe de travail! Alors, j’ai fait les « steppettes » avec eux et j’ai eu bien du plaisir. J’étais jeune et confuse de voir ce jeune homme qui semblait s’intéresser à moi. Yvon était comme mon protecteur dans cette grande ville francophone et j’adorais ça! Il me parlait de culture et, oh!, que j’aimais apprendre à ses côtés! Je suis donc sous son charme depuis… (rire)

Justement, la langue française a un peu transformé le cours de votre vie. Vous avez même fait une publicité pour promouvoir notre belle langue. Quelles ont été ses influences?

Une deuxième langue m’attirait… J’ai appris le français, du mieux que j’ai pu, à l’École nationale de ballet à Toronto. Nous n’avions pas le choix et c’est tant mieux!

Non seulement le français a été important pour mon travail de choriste, et plus tard d’auteure et de productrice, mais il a effectivement changé ma vie. Le plus important, c’est qu’il m’a permis de rencontrer Yvon, d’habiter Montréal et de m’y sentir chez moi.  Il m’a aussi permis de faire des tournées partout au Québec et de rencontrer des personnes sympathiques dotées d’une culture fascinante.

C’était aussi important pour mon groupe Toulouse, qui était le premier groupe à chanter du pop dans les deux langues officielles, qui a reçu deux Félix!  C’était aussi important pour moi.  J’ai choisi d’écrire et de chanter mes joies et mes peines en français et ce, sur trois albums, dont le premier, intitulé Touche pas, a aussi reçu un Félix. J’avais l’opportunité de joindre un plus grand nombre de personnes par les mots.

Une autre opportunité, que m’aura offerte cette belle langue française, aura été de m’ouvrir les portes du Chaînon que j’ai eu le grand plaisir d’accompagner pendant 25 ans. Avoir cette possibilité d’avoir un effet positif et direct, au-delà de mes chansons, sur un si grand nombre de femmes fut un privilège énorme.

Merci au français d’avoir eu autant d’impact dans ma vie!  Sans lui, j’aurais manqué tout ça!

En toute fin, qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de vous en termes d’inspiration? Sur quelle note aimeriez-vous laisser les lecteurs?

J’aimerais dire que les gens connus ne sont pas différents des autres. Nous pouvons tous influencer positivement la vie de quelqu’un.

Je souhaite à tous de donner, d’être généreux et d’investir du temps pour les autres. Chacun d’entre nous peut faire quelque chose. Même si c’est juste un câlin à partager… C’est puissant, des câlins! Le bonheur fait boule de neige. C’est seulement comme ça que nous allons avoir une incidence globale positive et non violente. Et on en a vraiment besoin!

Je souhaite être encore de ce monde pour longtemps!  J’ai du fun!  Je sais qu’un jour, je vais partir. Il faut donc faire des choses qui nous font du bien maintenant et ne pas nous laisser emporter par la tristesse et la négativité. Il faut nous concentrer sur le plaisir et sur la solution, non pas sur les blessures.

C’est l’exemple qui inspire et tous, nous avons ce pouvoir d’inspirer. Parlons-nous davantage, partageons plus et, tous ensemble, nous allons trouver des solutions pour nous placer dans notre zone de bonheur afin d’être de meilleures personnes.

Judi est passé de la parole au geste puisque j’ai eu droit à un câlin.

Merci, Judi Richards.

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Dany Lizotte

www.perspectivealtitude.com

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