Mon corps, ce temps de sécurité

Le premier déclic s’est fait alors que j’étais enseignante en art dramatique auprès d’enfants allophones qui, pour la plupart, étaient des ressortissants étrangers et des réfugiés politiques. Mon rôle était d’enseigner à ces enfants le processus créateur de l’art dramatique. Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point ils n’étaient pas rendus là!  Ils étaient tellement traumatisés par leur passé qu’au moindre coup de tonnerre, ils couraient partout pour se cacher et hurlaient de peur pour fuir le danger.  Ils étaient en mode de survie.

Avec le yoga, j’arrivais à les calmer un peu, mais je n’arrivais pas à installer en eux un réel état de sécurité intérieure. À la moindre stimulation rappelant des moments d’horreur, ils recommençaient à s’énerver.

Un jour, une enseignante de l’école a offert une formation sur la kinésiologie éducative (Brain gym).  Je désirais ardemment aider mes élèves et je recherchais des outils. J’ai donc décidé de suivre cette formation.

Bang! Toute une claque dans la face!

J’ai commencé par tester la méthode sur les enfants en adaptant les mouvements pour eux et, à ma grande surprise, j’ai constaté des impacts impressionnants sur leur attention, leur organisation et leur alignement. Ils se sentaient plus calmes. Les mouvements les aidaient beaucoup à se détendre et à s’appuyer sur leurs ressources intérieures plutôt que sur toutes sortes de stratégies compensatrices.

Je me souviendrai toujours de la fois où j’ai fait « les points du cerveau » avec la main au nombril… Mon corps a reculé de deux pieds. Ça me faisait tout drôle ce contact avec moi-même. Je venais de réaliser que j’étais déconnectée de mon corps.

Cette rencontre avec moi-même et avec ma capacité de ressentir la sécurité intérieure, c’est ma première vraie histoire d’amour, authentique et intense, qui m’a amenée à me sentir connectée avec mon corps, avec tout ce qu’il porte, incluant ma vulnérabilité.

Un hasard, parfaitement orchestré!

Je crois qu’il n’y a rien qui arrive pour rien.  La vie a placé ces enfants sur ma route pour m’inviter à aller à la rencontre de ma propre sécurité intérieure…

À cette époque-là, j’existais dans l’image que l’autre portait sur moi. Je répondais à toutes les attentes et j’étais bonne.  Peut-être même « bonnasse »!  J’avais un immense besoin de me sentir utile, de percevoir que j’avais de la valeur pour les autres.

Je ressentais un sentiment d’impuissance mélangé à la frustration de ne jamais être à la hauteur, de ne jamais être assez. J’étais toujours déçue. J’étais totalement déconnectée de la vie en moi et j’entretenais le sentiment d’être rejetée, mal aimée et incomplète.

Renouer le lien avec soi par la neuroscience

C’est de là que je viens, comme peut-être beaucoup d’entre nous… C’est par l’entremise des enfants que j’ai découvert le mouvement qui rebranche et reconnecte. Chaque exercice stimule une partie du cerveau afin qu’il puisse fonctionner dans des conditions optimales.

Je n’éprouve que de la gratitude pour ces outils simples inspirés de la neuroscience. Ils m’ont vraiment aidée à me reconnecter, à renouer et à retisser le lien avec moi-même, avec ma vulnérabilité et ma sensibilité.

Peu importe où je me retrouve, je suis en sécurité

Tranquillement, je suis devenue plus solide et plus ancrée.  Je pouvais expérimenter l’expression de tous mes désirs, car mon niveau élevé de sécurité intérieure m’aidait à composer avec l’inconfort. Maintenant, j’avance de plus en plus vers qui je suis véritablement, appuyée par le mouvement qui me connecte et qui me permet de prendre des risques et d’apprendre sans me juger.

Aujourd’hui, lorsque quelqu’un n’est pas d’accord avec moi et me juge ou si je sens du rejet, ça me touche, mais je ne perds plus mes racines et mes repères. Je prends une pause et je fais des mouvements qui activent mes ressources afin d’être plus en harmonie avec moi-même, plus alignée, présente et disponible.

C’est sur cette sensation que je peux m’appuyer quand je sors de ma zone de confort pour m’exprimer et célébrer cette joie que je porte et qui m’habite dans le plaisir du mouvement.

Petit exercice

D’une main, placez le pouce et l’index sur les deux points situés sous les clavicules et faites un mouvement de massage. L’autre main est placée à la hauteur du nombril.  Respirez puis bougez la tête d’un côté à l’autre.

Le mouvement répété par la main du haut contribuera à désintoxiquer les hormones de stress grâce au massage des points qui viennent de l’acupuncture.  Il stimulera aussi la circulation sanguine des carotides, les premières artères qui partent du cœur dont la tâche est d’apporter au cerveau du sang fraîchement oxygéné.  L’autre main, celle sur le ventre, stimulera le système vestibulaire.

Lorsque vous serez en période de turbulence, n’hésitez pas à avoir recours à cet exercice. Vous ressentirez un état de sécurité qui vous amènera à être plus présent dans un moment où la vie vous mettra au défi.

Petit à petit, vous construirez votre solidité intérieure, serez encore plus près de qui vous êtes vraiment, pourrez sortir de votre zone de confort et ferez rayonner votre lumière unique en toute sécurité.

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Cindy Boiteau

Animatrice, formatrice et conférencière internationale

www.neurogymtonik.com

 

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