Barbara Demers : celle qui nous aide à faire des choix financiers

Karyne Mongrain

Ambassadrice

www.karynemongrain.arbonne.ca

 

La question des finances personnelles est rarement un sujet de conversation qui anime les rencontres en famille ou entre amis.  Par contre, il n’en demeure pas moins que l’argent figure parmi les plus grandes préoccupations de notre quotidien.  Comme le dit si bien Barbara Demers, spécialiste en éducation financière : « Il est important de prendre conscience que si nous voulons que notre argent prenne soin de nous un jour, il faut prendre soin de lui aujourd’hui. »

Souvent, c’est le manque de connaissances qui fait en sorte que les gens sont inconfortables face aux questions financières et qu’ils y démontrent peu d’intérêt. Ce sont aussi certaines croyances telles que « je suis né dans une famille qui est faite pour un petit pain », « je ne serai jamais capable d’économiser de l’argent, car il me file entre les doigts » ou encore « il n’y a que les riches qui font de l’argent ».

Pour nous aider à démystifier tout ça, Barbara nous explique comment, dans son travail au quotidien, elle aide les gens à être mieux éduqués et ainsi, à faire de meilleurs choix.

Barbara, pouvez-vous nous parler un peu de vous?

Auparavant, j’ai été conseillère en placements pendant 23 ans et je dois avouer que j’ai adoré faire ce métier-là. J’ai toujours aimé tout ce qui touche à la gestion des placements et le fait de servir des clients; c’était vraiment une passion pour moi.

Cela dit, les finances et les placements s’inscrivent dans une profession qui a beaucoup changé à travers les années. Quand j’ai commencé, les conseillers financiers pouvaient vraiment aider tout le monde. C’était agréable, car il régnait beaucoup de confiance au sein de la profession. Avec le temps, les scandales de fraude ont amené les gens à développer une certaine méfiance et même les firmes, qui faisaient appel à nos services, entretenaient des modes de fonctionnement qui n’étaient pas toujours en cohérence avec mes valeurs. Entre autres, je devais uniquement servir des clients qui avaient beaucoup d’argent, ce qui m’empêchait d’aider des personnes avec un portefeuille plus modeste et cela me dérangeait énormément.

Et comme la vie fait bien les choses, il y a quelques années, j’ai eu d’importants problèmes de santé, ce qui m’a amenée à réfléchir à ma carrière professionnelle. Je me suis demandé si je voulais vraiment continuer d’offrir mes services de cette manière-là et d’être malheureuse ou, plutôt, si j’allais oser prendre la décision de foncer en faisant le saut à mon propre compte.

À l’époque je ne savais pas trop comment m’y prendre, mais je savais ce que je souhaitais profondément : former et éduquer les gens sur leurs finances personnelles. Il y a deux ans, j’ai donc quitté mon emploi traditionnel pour offrir de la consultation, des formations et des conférences sur la gestion des finances personnelles. Ainsi, je mets à profit mon expérience pour conseiller et guider les gens dans la gestion de leur budget personnel et leurs investissements.

Peu de gens s’y retrouvent dans le monde des placements qui peut, parfois, avoir l’air d’une jungle. Ma mission est donc de simplifier le tout afin qu’ils puissent acquérir des connaissances de base pour être mieux outillés et surtout plus compétents. Ainsi, les personnes qui ont suivi mes formations seront beaucoup mieux positionnées pour, ensuite, aller consulter des conseillers en placement et prendre des décisions éclairées en matière de finances personnelles.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier?

Malheureusement, il y a peu de parents qui enseignent à leurs enfants comment gérer leur argent, car, souvent, ils ne le savent même pas eux-mêmes. En ce sens, ce qui me passionne, c’est vraiment d’amener les gens à prendre ou à reprendre le pouvoir sur leurs finances sur le plan tant du budget que des investissements. Également, au-delà de la gestion des finances au sens propre du terme, il y a toute la question de la gestion des émotions reliées à l’argent.

La réalité est que les gens s’endettent parce qu’ils sont dominés par leurs émotions à consommer, ce qui les fait se sentir puissants. Ils vont ressentir un sentiment de grandeur en se procurant des biens, que cela les amène à s’endetter ou non. Ils ont l’impression,  ou même l’illusion, que c’est eux qui mènent, même en dépensant de l’argent qu’ils ne possèdent pas.  En d’autres mots, j’essaie de changer leur pouvoir de place.

Moi, ce que je veux, c’est que les gens soient confiants lorsqu’il est question de leurs finances personnelles et de leurs placements. Je veux qu’ils soient capables de comprendre et de faire des choix éclairés lorsqu’ils doivent prendre des décisions et non qu’ils soient à la merci d’autres personnes qui vont décider pour eux.

Selon votre expérience sur le terrain, pouvez-vous nous parler de la place des femmes par rapport à l’argent?

De nos jours, il y a de plus en plus de femmes qui ont plus d’argent et qui font plus de placements. Étonnamment, elles agissent vraiment différemment des hommes. En général, elles vont être plus protectrices de leur argent qu’elles investissent tandis que les hommes vont aller davantage vers le risque.

Il existe encore un certain sentiment d’infériorité chez les femmes en ce qui concerne les questions relatives à l’argent, comme s’il existait un certain code moral voulant que ce soient les hommes qui doivent être les mieux renseignés en matière de placements.  D’ailleurs, dans ma profession en tant que conseillère en placements, je travaillais dans un environnement où la majorité de mes collègues étaient masculins. Il était difficile pour un homme, et c’est toujours le cas, de faire confiance aux femmes dans ce milieu même si elles ont un grand succès.

Les femmes ne savent pas qu’elles peuvent être formées. Elles ont encore beaucoup à apprendre en matière de placements et de l’épargne et elles sont beaucoup en arrière sur les hommes. Toutefois, je vous assure que les femmes peuvent prendre le pouvoir de leurs finances personnelles, elles aussi, mais il reste effectivement encore du travail à faire.

Pour le mot de la fin, quels seraient vos conseils de base pour avoir une bonne santé financière?

D’abord, pour les personnes qui souhaitent apprendre à faire un budget, à se structurer ou à payer leurs dettes, il est essentiel de commencer par mettre par écrit toutes les rentrées et les sorties d’argent. Il faut écrire le tout noir sur blanc pour prendre une photographie de sa situation personnelle.

Pour les gens qui désirent apprendre à investir, il est crucial d’en cibler les raisons : acheter une maison, un bateau ou un chalet ou encore atteindre une certaine liberté financière pour la retraite. Cela doit être très clair à la base. Ensuite, on peut évaluer les investissements appropriés en fonction de la tolérance au risque et ainsi de suite.

En d’autres mots, avant de prendre quelques décisions financières que ce soit, il importe de dresser un itinéraire financier. Il faut faire ses devoirs et ne pas prendre toutes ces questions à la légère.

Somme toute, comme nous le mentionnions au début de l’article, il est important de prendre conscience que si nous voulons que notre argent prenne soin de nous un jour, il faut prendre soin de lui aujourd’hui…

Exactement!

www.finances-personnelles.ca

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